Les députés européens ont adopté le 11 novembre dernier une résolution qui propose des initiatives en vue d’augmenter le niveau de l’emploi des jeunes et des plus âgés dans l’UE afin d’alléger le fardeau financier des systèmes de sécurité sociale et des caisses de retraite. Le processus d’évolution démographique, avec une longévité qui ne cesse d’augmenter et des taux de natalité faibles, pourrait faire peser un lourd fardeau sur les nouvelles générations, souligne la résolution sur le défi démographique et la solidarité entre les générations rédigée par Thomas Mann (PPE, DE) et adoptée par 440 voix pour, 122 contre et 43 abstentions.

L’accès à l’emploi doit être au cœur des politiques de solidarité intergénérationnelle et les jeunes ainsi que les personnes plus âgées sont confrontés à un taux de chômage plus élevé.

Les députés demandent au Conseil et à la Commission de mettre en place des mesures concrètes, parmi lesquelles devraient figurer « une garantie européenne pour la jeunesse » permettant aux jeunes, après une période de chômage maximale de quatre mois, de se voir proposer un emploi, un apprentissage, une formation complémentaire ou un travail combiné à une formation.

Le texte adopté demande également à la Commission et aux Etats membres « un pacte européen pour les plus de 50 ans » afin d’augmenter le taux d’emploi des plus de 50 ans à 55%, de supprimer les incitations à la préretraite, de lutter contre la discrimination fondée sur l’âge et de renforcer des mesures d’incitation pour que les actifs de plus de 60 ans restent sur le marché du travail afin de transmettre leurs connaissances et leurs expériences aux générations suivantes.

Nouvelles dispositions anti-discrimination. Une majorité de députés a également soutenu l’idée de nouvelles dispositions contre la discrimination en matière d’accès aux biens et services, « dont sont victimes de nombreuses personnes âgées lorsqu’elle souhaite contracter une assurance, réserver des vacances ou louer une voiture par exemple ». Un point de vue que ne partage pas le rapporteur qui considère que de nouvelles dispositions anti-discrimination ne sont pas nécessaires et qui avait déposé une résolution alternative dans ce sens.

Un vieillissement actif. Le Parlement demande également à la Commission de préparer une proposition en vue de faire de l’année 2012 « l’Année européenne du vieillissement actif et de la solidarité entre générations » afin de souligner clairement la contribution des personnes âgées à la société.

L’équité entre les générations constitue l’un des principaux défis sociaux de la politique européenne et des politiques nationales pour les années à venir. Les changements démographiques se poursuivront au début du siècle, mais les changements profonds se font sentir dès à présent. Quelques mots clés doivent dominer la prise de conscience : garantir l’équité entre les générations, permettre le dialogue, jouer la carte de la transparence, développer les politiques de l’emploi et de la formation,  renforcer les politiques familiales, promouvoir le vieillissement actif, axer les politiques économiques sur la croissance.

L’immigration, les retraites et la prise en charge des plus âgés ne doivent pas être oubliées. Les questions de migrations doivent être placées dans un contexte international. Dans de nombreux pays, l’immigration a permis d’atténuer les déficits de naissance ou de maintenir la croissance de la population. L’immigration doit toujours viser à l’intégration, estime le Parlement européen, assortie d’un sentiment d’identification, de la participation à droits égaux et d’une responsabilisation. Cela suppose, a conclu le Parlement européen, de la part des migrants, une volonté d’adaptation et, de la part des populations locales, une volonté d’accueil.

Les déséquilibres démographiques ont un impact important sur le financement des dépenses sociales et la situation financière des systèmes de retraites. D’ici 2060, les dépenses sociale liées à l’âge dans tous les Etats membres représenteront 4,75% du PIB. Les dépenses publiques au titre des pensions pourraient progresser de 2,4% du PIB à cette même date. La question se pose donc de savoir comment, dans ces conditions garantir à chacun une pension de retraite suffisante tout en consolidant les budgets publics et réduisant la dette publique.

Les politiques qui présideront à la transformation nécessaire des structures de prise en charge médicale et sociale acquièrent une priorité et une urgence toute particulières. Les familles ne pourront pas assumer seules la prise en charge de leurs parents très âgés. Les Etats membres devraient instituer des systèmes de contrôle régulier et établir un code de conduite à l’échelle de l’UE, fixant des exigences et des prestations minimales concernant la mise en place de soins de longue durée, qui seraient adoptés par la voie législative par le Parlement européen et le Conseil des ministres.

Texte de la Résolution (FR) http://www.europarl.europa.eu/sides/getDoc.do?pubRef=-//EP//TEXT+TA+P7-TA-2010-0400+0+DOC+XML+V0//FR&language=FR

 (EN) http://www.europarl.europa.eu/sides/getDoc.do?pubRef=-//EP//TEXT+TA+P7-TA-2010-0400+0+DOC+XML+V0//EN