La « carte musique », censée soutenir le téléchargement légal sur Internet auprès des jeunes de 12 à 25 ans, a été lancée jeudi 28 octobre, avec quelques mois de retard. Va-t-elle réconcilier les jeunes avec Hadopi ?

Lancée jeudi 28 octobre, la « carte musique », uniquement accessible aux 12-25 ans, permet d’acquérir pour 50 euros de musique sur Internet en n’en payant que la moitié. Pour pouvoir y souscrire, il est nécessaire de s’enregistrer sur un site afin d’obtenir un code nécessaire pour faire des achats.

Tout juste un mois après la mise en route de son volet répressif, sous forme « d’une riposte graduée », la loi Hadopi vient d’accueillir son pendant pédagogique promis depuis longtemps. De fait il prend la forme d’une subvention de 25 millions d’euros annuels pendant trois ans à l’industrie de la musique, les autres formes (taxe supplémentaire sur les fournisseurs d’accès, baisse de TVA…) n’ayant pu être retenues. Les artistes et créateurs ne sortent pas forcément gagnants alors que c’est en leur nom que la campagne en faveur de la loi Hadopi avait été engagée : il fallait protéger la création.

Quatorze plates-formes acceptent la « carte musique » : Qobuz, CD1D, Deezer, Fnac.com, MusicMe, Amazon, Starzik, Orange, iTunes, My Clubbing Store, MySurround, eCompil, Disquaireonline et Virgin. « D’autres les rejoindront d’ici la fin de l’année », a précisé le ministre de la culture, Frédéric Mitterrand, à l’occasion d’une conférence de presse présentant le dispositif, instauré pour deux ans.

Les souscripteurs, un million maximum par année, doivent acheter des tickets de 5, 10 ou 15 euros, dont le montant est doublé par l’Etat. Des offres spéciales ont été mises en place par les services de musique en ligne partenaires pour séduire les jeunes internautes : doublement de la part prise en charge par l’Etat (10 euros investis permettent d’acheter pour 30 euros), promesse de recrutement de personnel si 10.000 cartes sont enregistrées sur une plate-forme.

Pour éviter une concentration des achats sur une seule plate-forme et faire en sorte que plusieurs d’entre elles soient essayées, un maximum de 5 millions d’euros d’achat par an et par éditeur de services a été fixé. »Les études sociologiques montrent que c’est dès 12 ans que se forment leur goûts et que se forgent les comportements de consommation de musique en ligne », a souligné Frédéric Mitterrand, ministre de la culture, à propos du choix de la tranche d’âge.

La « carte musique » constitue le volet incitatif du dispositif contre le téléchargement illégal dont la Haute autorité pour la diffusion des oeuvres et la protection des droits sur Internet (Hadopi) constitue le volet répressif. La « carte musique  » figurait parmi les propositions formulées par la mission Zelnik en début d’année et avait été reprise à son compte par Nicolas Sarkozy. Initialement espérée avant l’été, sa mise en oeuvre a accusé plusieurs mois de retard. Son lancement était devenu imminent depuis que la Commission européenne avait donné son feu vert le 13 octobre.  (cf. autre information dans Nea.say)

Quatorze partenaires sont actuellement présents sur le site http://www.carte-musique.gouv.fr/