Par Louise RINGUET.

Il n’est d’opération plus délicate pour les Etats membres que de discuter de l’immigration légale, politique la moins développée à ce jour. Le programme de Stockholm prévoyait « une Europe faisant preuve de responsabilité et de solidarité et travaillant en partenariat en matière d’immigration et d’asile ». Cependant, ne jetons pas l’opprobre sur un domaine qui, encore récemment, a connu de grandes avancées, qui cumulées, font de ce pan de l’immigration, un pan incontournable.

La directive sur les travailleurs détachés ou celle sur les travailleurs saisonniers ont fait couler beaucoup d’encre, tandis que les autres textes, d’abord jugés peu ambitieux sont maintenant des boucliers face à des Etats de plus en plus récalcitrants à accueillir des ressortissants de pays tiers. Pourtant, il est temps que s’opère une prise de conscience fondamentale : l’Europe est une terre d’immigration. Elle ne peut seulement se battre contre l’immigration illégale, surtout au vu de son déclin démographique. L’Europe doit briller par son attractivité : elle ne peut observer de loin tous ces individus qualifiés qui, pour des raisons de facilité préfèrent saisir ailleurs les opportunités.
Mitterand disait, « quand l’Europe ouvre la bouche, c’est pour bâiller », nous répondrons avec les mots de Frossart « l’Europe cherche, avec raison, à se donner une politique et une monnaie communes, mais elle a surtout besoin d’une âme ». Et cette âme, ce sont tous ces individus attendant aux portes de l’Europe l’opportunité de pouvoir y glisser un brin d’espoir.
Table des matières :
Note préliminaire
A. La directive « Blue Card » (2009/50/CE)
B. La directive sur le statut et les droits des résidents de longue durée
C. La directive sur les étudiants et chercheurs de pays tiers
D. La directive sur le permis unique
A. La directive sur les travailleurs saisonniers
B. La directive sur les travailleurs détachés
V. Pour en savoir plus